Beelink continue son offensive sur le marché des NAS avec un nouveau 4 baies : Beelink ME Pro 4. Après le Beelink ME Mini et Beelink ME Pro, nous avons testé plusieurs jours avec ce nouveau modèle. Ce dernier embarque un processeur Intel Core i5-13500H et 32 Go de RAM. Il dispose d’un vrai système complet adapté aux fonctions de stockage en réseau. Sur le papier, la promesse est solide et en pratique…
Beelink ME Pro 4
En début d’année, nous avions testé l’excellent Beelink ME Pro. Ce NAS nous avait surpris à bien des égards : format compact, design ingénieux, performances, rapport qualité-prix, etc. Bien sûr, il manquait bien une chose ou deux… et le Beelink ME Pro 4 que nous avons ici vient toutes les corriger. Sincèrement, les fabricants de NAS historiques devraient y regarder de plus près, la nouvelle génération a des arguments.
Contenu de la boîte
À l’ouverture, on retrouve :
- Le Beelink ME Pro 4 en lui-même ;
- 1 câble réseau RJ45 Cat.6 ;
- L’alimentation externe et son câble ;
- Des vis pour les disques et SSD ;
- 1 petite clé Allen ;
- Un guide de démarrage rapide en anglais, allemand et chinois ;
- Une fiche sur FygoOS.
L’emballage du NAS et des accessoires est soigné, tout est au millimètre.
Design et connectivité
Extérieurement, Beelink continue d’innover. Si ce nouveau boitier reste compact, son design est tout en hauteur avec 4 emplacements pour disques SATA. Le boitier est en aluminium et seule la face avant est en plastique dur (couleur grise). Nous avons un NAS qui inspire confiance. Son poids sur la balance affiche 2,4 kg. À l’arrière, nous avons toujours une grille amovible qui permet d’accéder aux chariots.
Le ventilateur est sur la partie basse (voir photo ci-dessous) et évacue l’air chaud à travers des 5 sorties visibles entre les chariots et la connectique. À noter qu’une entrée d’air est présente sous le NAS.
Du côté de la connectique, ce NAS dispose de :
- 3 ports USB 3.2 Gen 2 Type-A ;
- 1 port USB 3.2 Type-C ;
- 1 sortie HDMI 2.1 ;
- 1 port RJ45 2,5 Gb/s ;
- 1 port RJ45 10 Gb/s ;
- 1 sortie audio-jack.
La connectivité est bien pensée et complète. À noter que le NAS embarque également du Wi-Fi (facilement désactivable). Cela peut surprendre, mais certains y trouveront une utilité en mobilité.
Si l’on devait formuler un reproche à ce boîtier, ce serait l’absence de diodes en façade (une seule indique le fonctionnement) pour l’activité des disques ou du réseau… mais est-ce vraiment indispensable en 2026 ? On peut se poser la question.
Intérieur du Beelink ME Pro 4
On vous rappelle le concept, Beelink propose de pouvoir remplacer la carte mère, le processeur et la RAM en changeant la partie basse… sans toucher au reste du NAS. Nous restons sceptique sur cet aspect, mais quoi qu’il en soit, le ME Pro 4 est animé par un processeur Intel Core i5-13500H capable d’atteindre 4,70 GHz (12 cores, 16 threads) avec iGPU intégré. Il est épaulé par 32 Go de RAM DDR4 (extensibles). Le score CPU PassMark est de 20 903 points avec un TDP de 45 W.
Beelink propose ici un NAS puissant (plus que ce que nous avons l’habitude de voir) avec une consommation électrique mesurée.
Installation des disques et SSD
Sur les NAS Beelink, il faut utiliser une clé Allen pour retirer les chariots (en aluminium) fixés au châssis. Une fois libérés vous devrez jouer du tournevis pour fixer disques durs et SSD au format SATA.
Si vous ouvrez le tiroir (partie basse), vous avez 2 emplacements pour NVMe avec des vitesses différentes (PCIe 4.0 x4 et PCIe 3.0 x2) pour des SSD. Un 3e emplacement dispose d’un SSD 500Go avec le système pré-installé. Ces derniers pourront être utilisés pour du stockage ou du cache. À noter que le fabricant fournit des petits radiateurs afin d’améliorer la dissipation et ainsi éviter le throttling des SSD.
C’est un quasi sans-faute de la part de Beelink, bravo ! Si on devait y trouver un petit défaut, le NAS n’est peut-être pas suffisamment surélevé. De petits amortisseurs en élastomère pourront corriger cela et faciliter la circulation d’air par au-dessous et donc améliorer le refroidissement.
FygoOS
Contrairement au ME Pro, ce NAS est livré avec un système d’exploitation (SSD 500 Go pré-installé). Comme nous vous l’avions dévoilé en exclusivité, Beelink s’est associé à l’équipe derrière FygoOS.
FygoOS est un système complet pour les NAS basé sur Debian. Il propose une interface soignée qui peut rivaliser face à DSM de Synology ou UGOS d’Ugreen. Le système gratuit est complet, mais limité… en passant à la caisse, il est possible de débloquer l’ensemble des fonctionnalités. Avec ce NAS Beelink, vous disposez d’une licence complète « Fygo Personal License » valable à vie. À noter la présence sur le NAS d’une seconde licence « Seek Business » valable 6 mois.
L’initialisation est très simple et se fait en 2 étapes. Par contre, il n’y a rien par défaut. Il faut ensuite se connecter à l’interface d’administration pour débuter tous les réglages. Bonne nouvelle, un guide existe avec un accompagnement.
La prise en main est rapide, relativement facile et les possibilités sont très nombreuses. Le système nous a agréablement surpris. C’est fluide, rapide, toutes les fonctionnalités de base sont là… et bien plus. Il est possible d’installer des applications pour ajouter des fonctionnalités, Docker est également présent… et on peut faire de la virtualisation. On en reparle un peu plus bas. On regrettera l’absence du chiffrement des dossiers embarqués directement dans le système.
Volume et stockage
La création d’un volume est très simple et les possibilités sont nombreuses. En effet, FygoOS propose plusieurs systèmes de fichiers : ext4, Btrfs et ZFS. A notre connaissance, c’est l’un des rares à proposer ces 3 choix. Tous les modes sont présents : RAID 0, RAID 1, RAID 5, RAID 6, RAID 10…
Utilisateurs et groupes
La gestion des utilisateurs et des groupes est relativement simple. Il est possible de fixer une limite de stockage par utilisateur, y compris en ext4.
Services de partage
De nombreux services de partage sont présents : SMB, WebDAV, FTP, NFS et DLNA. Problème, ils sont tous activés par défaut. Nous ne sommes pas fan qu’un système soit livré avec tout ouvert. Bien sûr, il est facile de les désactiver un à un.
Applications et Docker
Par défaut, il faut savoir que Docker est préinstallé avec FygoOS, un choix surprenant. Il permettra d’installer un nombre illimité d’application. Mais il faut noter que Fygo dispose d’un Centre d’applications. Ce dernier propose un ensemble de 45 applications (11 officielles et 34 communautaires). Si on regarde de plus près les applications Fygo, on retrouve entre autre :
- Photos : Interface de gestion de vos photos et albums (avec IA) ;
- Fygo TV : équivalent à Jellyfin, mais directement intégré (rappellera Video Station) ;
- File Snapshot : pour faire une capture à un instant T de vos fichiers (Btrfs et ZFS uniquement) ;
- Text Editor : éditeur de texte (formats : txt, yml, log, html, js, md…) ;
- etc.
À noter que Fygo propose une application Android et iOS… une Super App, un peu comme celle d’Ugreen qui permet de tout faire (photos, vidéos, fichiers, administration du NAS, etc.).
L’interface FygoOS est disponible en anglais, français, allemand, espagnol… mais l’application mobile n’est disponible qu’en anglais (ou chinois). Autre déconvenue, le choix de la langue a tendance à se remettre automatiquement sur l’anglais après les mises à jour sur l’interface Web.
FygoOS et fnOS
FygoOS a fait son apparition récemment. Si son interface vous semble familière, c’est normal… il est basé sur fnOS. Il s’agit d’un système pour NAS très connu, d’origine chinoise et très populaire. Tout est identique : l’interface d’administration, les outils, les icônes, l’application mobile, etc. Le problème, c’est que fnOS s’adresse essentiellement au marché chinois (il n’est pas traduit). C’est là que Fygo entre en jeu, ou d’autres acteurs comme GEAK OS, également basé sur fnOS.

Performances du ME Pro 4
Dans la première partie de nos tests, nous allons évaluer les performances des transferts à travers un réseau 10 Gb/s (entre le NAS et des ordinateurs). Ensuite, nous regarderons les capacités du processeur, en analysant ses performances dans la virtualisation et le transcodage vidéo.
Vitesses dans les transferts
Depuis plusieurs années, nous avons mis en place un protocole de tests rigoureux fournissant des données fiables et comparables avec les performances des autres NAS. Pour cela, nous utilisons 4 applications de mesure différentes (2 sous macOS et 2 sous Windows) et réalisons en plus des transferts de fichiers de tailles variées dans les deux sens (NAS -> Ordinateur puis Ordinateur -> NAS) :
- Petites tailles : 100 fichiers de 500 Ko à 12 Mo (MP3, photos, documents Office)
- Tailles moyennes : 30 fichiers de 12 à 350 Mo (Flac, images RAW, archives ZIP)
- Fichiers volumineux : 10 fichiers entre 4 et 10 Go (MKV, ISO)
À partir de ces tests, nous calculons une moyenne des transferts que nous représentons sous forme de graphiques, exprimée en mégaoctets par seconde. Plus le nombre est élevé, plus le NAS est rapide. Pour notre évaluation du Beelink ME Pro 4, nous avons configuré un premier volume avec 2 SSD NVMe en RAID 0, puis avec 3 SSD SATA en RAID 5.
RAID 0
Si ce n’est pas le NAS le plus rapide que nous ayons eu entre les mains, le Beelink ME Pro 4 se positionne en haut du tableau. En lecture, il nous a impressionné en dépassant les 1000 Mo/s dans certains tests. En écriture, les performances sont également solides, quelle que soit la taille des fichiers. La vitesse des transferts est équilibrée et de bon niveau.
RAID 5
En RAID 5, nous avons eu quelques déconvenues sur les gros fichiers sous Windows. Dans l’ensemble les performances sont bonnes, mais le transfert de nombreux gros fichiers a mis le NAS en difficulté. Sur les plus petites tailles et intermédiaires, il a montré une bonne stabilité et de très bonnes performances.
Performances générales
Ce qui impressionne, c’est la rapidité et la fluidité du système. Le processeur i5-13500H est également à l’aise dans le transcodage vidéo, dans l’exécution de plusieurs conteneurs et de machine virtuelle (application Virtual Machine) grâce notamment aux 32 Go de RAM embarqués. Il est difficile de le prendre en défaut. Il faut avouer que les choix de Beelink sont plutôt pertinents. Le fabricant classe ce modèle dans la catégorie Créateur, c’est une bonne idée… mais les particuliers les plus exigeants seront également intéressés par ce modèle.
Consommation électrique et nuisance sonore
Le ventilateur peut se faire entendre si on s’approche de près, sinon il reste relativement discret. Côté consommation, le ME Pro 4 affiche entre 25 et 32 W en utilisation normale (avec les 2 SSD NVMe et 3 SSD SATA) et jusqu’à 55 W lors des tâches les plus intensives.
Prix et disponibilité
Le NAS n’est pas encore disponible. En effet, ce nouveau produit fait partie d’une campagne de financement participatif (kickstarter). Le prix pour ce modèle serait de 819$ (soit autour des 730€ à confirmer). Cela inclut le boitier, le processeur et la RAM, ainsi que le SSD NVMe de 500 Go pré-installé.














