Après avoir testé le GL.iNet Flint 2 (GL-MT6000) et le petit GL.iNet Brume 3 (GL-MT5000), qui gérait jusqu’ici mon cœur de réseau, voici le test du nouveau routeur de la gamme Flint de GL.iNet, le Flint 4 (GL-BE14000) (page du produit chez GL.iNet), que j’utilise depuis un peu moins de deux mois maintenant.
Pourquoi ce test si rapidement après celui du Brume 3 ? J’ai eu la chance d’être sélectionné pour participer au nouveau programme de GL.iNet, le Flint 4 Creator Program, dans le cadre duquel je dois publier un article de test sur ce routeur. Pourquoi avoir postulé à ce programme ? Je n’avais pas été sélectionné pour le programme Beta. Comme j’écris régulièrement des tests de routeurs GL.iNet sur Cachem, je me suis dit que je pouvais tenter ma chance avec ce nouveau programme.
L’arrivée du Wi-Fi 7, mais surtout une connectique filaire impressionnante – j’y reviendrai –, de quoi faire rêver un HomeLaber comme moi : un port SFP+ 10G, un port RJ45 10G et du Multi-Gig 2,5G à foison. Ajoutez à cela l’envie de voir ce que vaut le nouveau Flint 4 face à mon « vieux » Flint 2. Voilà donc les raisons de ce test.
Compte tenu de la longueur de ce test, nous avons décidé de le scinder en deux parties :
La première partie ici-même qui se concentrera sur le routeur en lui-même (déballage, design, connectique ultra-complète, caractéristiques techniques et prise en main de l’interface logicielle avec OpenWrt et LuCI) ; et une seconde partie dédiée aux tests de performances (Wi-Fi 7, liaisons 10G filaires, débits VPN WireGuard et intégration homelab), qui accueillera notre verdict complet ainsi que la note finale du test.
Unboxing, design et connectique
Tour du propriétaire : Châssis, design
Ce Flint 4 s’inscrit pleinement dans la lignée de la gamme, reprenant les codes visuels du Flint 2 tout en empruntant certains traits au Flint 3 (bien que je n’aie jamais eu ce dernier entre les mains). Les évolutions sautent toutefois aux yeux : le nombre d’antennes grimpe de 4 à 6 et, surtout, la façade accueille désormais un petit écran LCD tactile !
L’ensemble reste relativement sobre, y compris l’écran tactile : par défaut, celui-ci ne reste pas allumé en continu et sait donc se faire discret (un comportement uniquement modifiable depuis l’interface Web du routeur).
Il faut noter que ce Flint 4 embarque un petit ventilateur, mais celui-ci n’est pas actif en permanence. Il se lance au boot (ce qui m’a un peu surpris au premier allumage, ne m’y attendant pas), avant de se couper rapidement. La ventilation est en fait régulée par paliers selon la température. Posé sur mon bureau juste à côté de moi, il est resté inaudible au quotidien, d’autant que son souffle au démarrage est très discret. On peut d’ailleurs ajuster le seuil de déclenchement dans la WebUI. Au premier abord, j’ai cru à un vrai bémol ergonomique : la température et la plage s’affichaient uniquement en degrés Fahrenheit (de 158 à 194 °F), ce qui n’est pas franchement parlant pour nous ! En réalité, l’astuce n’est pas très intuitive mais elle existe : il suffit de cliquer directement sur la valeur de température ou sur le seuil affiché pour basculer instantanément en °C (et inversement). Un clic bienvenu, même si cette subtilité d’ergonomie mériterait d’être bien mieux indiquée : un simple sélecteur d’unité global dans les paramètres aurait été nettement plus évident à trouver.
L’écran tactile : Utile ou gadget ?

L’écran tactile peut de prime abord paraître superflu, mais en réalité, vu sa conception et les réglages auxquels il donne accès, il s’avère particulièrement pratique : c’est une aide précieuse lorsque le routeur n’est pas posé à côté d’un ordinateur, que l’on intervient physiquement dessus et que l’on souhaite ajuster rapidement certains réglages. Une grande partie des paramètres vitaux du routeur est directement accessible depuis cette dalle tactile (j’y reviens un peu plus bas avec une anecdote concrète).
Voici des photos illustrant une grande partie de ce qu’il est possible de trouver comme réglages ou information sur cet écran tactile.
La connectique sous tous les angles
Nous touchons ici au gros point fort de ce routeur selon moi. Si l’écran tactile apporte une vraie valeur ajoutée au quotidien, c’est surtout la connectique qui impressionne sur la fiche technique.

- 1 cage SFP+ 10G (LAN/WAN, rétrocompatible 2,5G et a priori 5G) ;
- 1 port RJ45 10 GbE (LAN/WAN) ;
- 4 ports RJ45 2,5 GbE (dont un commutable LAN/WAN) ;
- 4 ports RJ45 1 GbE.
C’est tout simplement le premier routeur que j’ai entre les mains à proposer autant de ports multi-gigabits (2,5G et plus). Pour un profil homelab comme le mien, c’est absolument parfait. D’ailleurs, selon le nombre d’appareils à brancher, avec une telle quantité de ports, on peut presque envisager de se passer totalement de switch réseau ! En revanche, pour un utilisateur grand public, une telle débauche de prises sera sans doute superflue : la plupart se contentent du Wi-Fi et s’orienteront de toute façon vers des modèles plus conventionnels. Ce Flint 4 vise clairement les utilisateurs exigeants et avertis.
Le reste des caractéristiques techniques
Après s’être focalisé sur la belle connectique, il ne faudrait pas oublier le reste ! Ce Flint 4 a de solides arguments sous le capot :
- Processeur : MediaTek Quad-Core cadencé à 1,8 GHz (Arm Cortex-A73 – MT7988A / Filogic 880) ;
- Mémoire vive : 2 Go de RAM DDR4 ;
- Stockage interne : 64 Go de mémoire eMMC (un bond gigantesque comparé aux générations précédentes), garantissant une excellente longévité et de la place à revendre pour installer les paquets et applications ;
- Partie sans-fil : 6 antennes externes pour du Wi-Fi 7 tri-bande (2,4, 5 et 6 GHz), affichant des débits théoriques de 688 Mbit/s en 2,4 GHz, 4 323 Mbit/s en 5 GHz et 8 646 Mbit/s en 6 GHz.
Côté performances brutes, le constructeur met aussi la barre haut sur la chiffrement logicielle avec un débit théorique annoncé jusqu’à 1 500 Mb/s sous WireGuard, bien au-delà des plafonds des Flint 2 et 3.
Petit comparatif technique : Flint 4 face à ses prédécesseurs
Sur la page officielle du produit, GL.iNet propose un tableau comparatif face aux Flint 2 et Flint 3. Cette vue d’ensemble résume bien le saut générationnel :

Quand je compare la fiche de mon Flint 2 à celle de ce nouveau modèle, le gouffre technique saute aux yeux.
Il est très difficile de trouver un comparatif des performances des CPU mediatek, aussi, je ne sais pas vraiment ce qu’implique le gap de génération des deux CPU… bien qu’il semble évident que le CPU du Flint 4 soit plus performant que celui de ses prédécesseurs.
Voici ce que Gemini me dit à ce propos (à prendre avec des pincettes) :
Pourquoi le Filogic 880 surpasse-t-il le Filogic 830 malgré une fréquence d’horloge plus basse ?
Sur le papier, la fréquence affiche 1,8 GHz sur le Flint 4 contre 2,0 GHz sur le Flint 2. Pourtant, l’écart d’IPC (instructions par cycle) est colossal : le Flint 2 tourne sur des cœurs Cortex-A53 dits in-order (traitement des instructions à la chaîne, sans réordonnancement), tandis que le Flint 4 bascule sur des cœurs Cortex-A73 dits out-of-order (capables d’exécuter des calculs en parallèle).
Ce gain d’efficacité brute compense très largement les 200 MHz d’écart : il permet de propulser les flux chiffrés (WireGuard) et d’encaisser de multiples services gourmands (DPI, AdGuard Home) sans faire broncher le routeur.
Explication de mon architecture réseau
Mon réseau domestique est principalement réparti entre le sous-sol et mon bureau (avec quelques liaisons vers d’autres pièces).
Au sous-sol se situent la box internet (Bbox fibre 2 Gb/s), le cœur de réseau avec le routeur principal raccordé à celle-ci, ainsi que plusieurs serveurs, NAS et autres équipements de mon homelab.
En temps normal, c’est un GL.iNet Brume 3 qui officie en tête de réseau. Le Flint 4 a donc vocation à prendre sa place à cet endroit stratégique. Pour intégrer au mieux le Flint 4 au centre de mon installation, j’ai opté pour les raccordements suivants :
- Liaison Ethernet 10 GbE vers le switch de mon bureau : celui-ci dispose d’une cage SFP+ 10G (raccordée via un module SFP+ multi-débit vers RJ45) et de ports Ethernet 2,5 GbE. C’est sur ce switch que sont connectés mon MacBook Air, le Flint 2 (configuré en simple point d’accès Wi-Fi) et un mini PC Geekom A7 sous Windows.
- Liaison SFP+ 10G par câble DAC vers un second switch au sous-sol : équipé d’un port SFP+ 10G et de ports Ethernet 2,5 GbE, il accueille mes NAS ainsi que deux mini PC Geekom tournant sous Proxmox VE.
- Liaisons Ethernet 2,5 GbE vers les autres pièces de la maison, notamment le bureau de mon épouse et le salon.
- Liaison Ethernet 1 GbE vers un switch PoE dédié aux caméras de surveillance et à quelques équipements ne réclamant pas de débits multi-gigabits.
Prise en main de l’interface GL.iNet
L’interface maison de GL.iNet est toujours aussi efficace et repose sur OpenWrt (ici OpenWrt 21.02-SNAPSHOT). Je déplore toujours l’emploi d’une version aussi ancienne d’OpenWrt, surtout quand la branche 25.x est désormais d’actualité… Toutefois, une version basée sur Openwrt 25 est en préparation : elle vient de sortir en bêta-test pour le Flint 4.
L’interface web permet aujourd’hui de piloter énormément de paramètres, bien plus qu’à l’époque du lancement du Flint 2. En suivant l’ordre du menu latéral :
- Internet : gestion de la connexion entrante (raccordement à la box opérateur dans mon cas) ;
- Sans-fil : configuration des réseaux Wi-Fi ;
- Clients : vue d’ensemble des appareils connectés au routeur (filaire et Wi-Fi) ;
- Cloud : gestion des deux comptes GoodCloud et AstroWarp (j’y reviendrai plus bas) ;
- VPN : prise en charge des protocoles WireGuard et OpenVPN, tant en mode client qu’en mode serveur ;
- Réseau :
- Passerelles multiples
- Sous-réseau : modification du réseau principal (masque, serveur DHCP, baux statiques…). On peut enfin créer des sous-réseaux associés à des VLAN, ce qui manquait cruellement sur les versions précédentes. Les réseaux invité et IoT se gèrent également ici.
- Configuration des ports Ethernet et SFP+ : assignation WAN ou LAN selon les interfaces compatibles, et affectation d’un port à un réseau ou un VLAN précis.
- DNS : personnalisation des résolveurs.
- IPv6 : activation et sélection du mode de fonctionnement.
- IGMP Snooping : utile pour optimiser les flux multicast (activé chez moi, même si l’impact au quotidien reste discret).
- Comportement du réseau : choix du mode opérationnel (routeur, point d’accès, répéteur ou WDS).
- Drop-in Gateway : mode passerelle transparente pour s’insérer derrière une box sans modifier le sous-réseau existant.
- Accélération réseau : désactivée sur mon installation car incompatible avec le DPI.
- Contrôle du flux (DPI) : comme sur le Brume 3, cette suite gère l’inspection approfondie des paquets :
- Moteur DPI (documentation) ;
- Statistiques de trafic (documentation) ;
- Filtrage de contenu (documentation) ;
- Gestion QoS (documentation) ;
- Gestion SQM (documentation) ;
- Contrôle parental (documentation).
- Sécurité :
- Redirection de ports et DMZ ;
- ACL : filtrage du trafic (protocole, IP source/destination, port) avec arbitrage par ordre de priorité ;
- Accès à la gestion : personnalisation des ports d’accès à l’interface GL.iNet, à LuCI et au serveur SSH ;
- Mode NAT : options Full Cone NAT et SIP ALG.
- Applications : gestion des paquets intégrés ou additionnels (Logiciels/Plugins, Dynamic DNS, Partage réseau, AdGuard Home, Tailscale, ZeroTier, Tor).
- Système : Vue d’ensemble, Mot de passe administrateur, Mises à jour, Tâches planifiées (nouveau), Gestion de l’affichage pour l’écran tactile (nouveau), Fuseau horaire, Réinitialisation, Journaux système / Logs (nouveau), et Paramètres avancés (accès direct à l’interface native LuCI).
L’interface LuCI d’OpenWrt
Je ne vais pas détailler autant l’interface LuCI d’OpenWrt, car elle regroupe l’ensemble des paramètres disponibles dans l’interface GL.iNet et plus encore, mais dans un format plus austère, qui est plutôt réservé aux initiés. Je vous avoue que même moi, j’évite d’y aller… Cependant pour configurer une clé d’accès SSH, pas le choix, il faut s’y jeter. Voici cependant quelques captures de cette interface LuCI.
Conclusion de cette 1ère partie « Prise en main »
Ce routeur GL.iNet Flint 4 s’inscrit pleinement dans la lignée de la gamme par ses lignes et son esthétique générale, tout en prenant de l’embonpoint par rapport au Flint 2 que j’utilise depuis un peu plus de deux ans. Il gagne également deux antennes, portant le total à six. Celles-ci restent orientables : on peut les replier à plat sur le boîtier ou les déployer jusqu’à raser la surface sur laquelle repose le routeur, ce qui permet d’ajuster leur disposition pour tenter d’optimiser la couverture Wi-Fi.
Le Flint 4 reste agréable à l’œil avec son châssis relativement sobre, mais l’imposante rangée de six antennes le rend forcément moins discret et plus difficile à faire accepter dans une pièce de vie (surtout auprès de Madame !).
La présence de ports 10 GbE (SFP+ et Ethernet) ainsi que de 4 ports 2,5 GbE et de 4 ports Gigabit en fait un atout majeur pour qui possède un certain nombre de périphériques à (très) haut débit.
L’intégration d’un écran tactile constitue un véritable atout au quotidien, particulièrement lorsqu’on n’a ni ordinateur ni smartphone sous la main : une grande partie des paramètres vitaux proposés par l’interface GL.iNet est directement accessible depuis cette petite dalle de 2,4″.
L’interface d’administration maison continue quant à elle de s’enrichir au fil des mises à jour. Nous avons enfin droit à une gestion complète des VLAN — autrefois réservée à l’austère interface LuCI —, ainsi qu’à la création simplifiée de réseaux Wi-Fi dédiés aux invités ou à l’IoT. Les fonctions avancées éprouvées lors de mon test du Brume 3 répondent toujours présent, à l’image du moteur DPI, de la QoS ou du SQM. La prise en main globale s’avère donc particulièrement fluide et intuitive.
Côté connectique d’extension, les deux ports USB 3.0 (un Type-A et un Type-C) permettent de raccorder facilement du stockage externe ou d’utiliser un smartphone en partage de connexion filaire (tethering) en cas de défaillance de la ligne fixe.
Seul petit bémol ergonomique à signaler : l’affichage initial des températures en Fahrenheit, sans sélecteur évident dans les menus. Pour basculer dans une unité plus parlante pour nous, il suffit de cliquer directement sur la valeur affichée afin de la convertir instantanément en degrés Celsius.
Pour le moment, ce Flint 4 affiche un bilan matériel et logiciel très prometteur. Nous verrons dans la seconde partie ce que ce monstre a réellement dans le ventre : bancs d’essai iPerf3 et Speedtest pour évaluer ses débits bruts avec ou sans DPI, comportement de son serveur VPN WireGuard face à de lourdes charges.
À très bientôt pour la 2ème partie : Tests de performances !




























































