Lime Technology vient de publier Unraid 7.3.0, une mise à jour majeure de son système d’exploitation destiné aux NAS. Au programme : un nouveau processus d’installation, une refonte du mécanisme de licence, une mise à jour majeure de Docker et de nombreuses corrections importants (notamment Copy Fail et Dirty Frag). Voici ce qu’il faut réellement retenir de cette version…
Unraid 7.3.0
L’une des nouveautés les plus visibles de cette version concerne l’expérience d’accueil des nouveaux utilisateurs. Un assistant d’intégration (Onboarding Wizard) prend désormais en charge la configuration initiale : langue, fuseau horaire, thème visuel, paramètres de licence et choix de la méthode de démarrage . Accessible également depuis Outils → Assistant d’intégration, il permet aux utilisateurs existants de revoir leur configuration ou de migrer vers le démarrage interne.
Ce démarrage interne (internal boot) constitue d’ailleurs l’évolution structurelle majeure de cette version. Unraid peut désormais démarrer depuis un pool ZFS dédié, indépendamment de la traditionnelle clé USB. Cette approche réduit surtout la dépendance aux clés USB, jugées moins fiables à long terme. Un point important tout de même : le support de démarrage doit être accessible via des pilotes Linux natifs au moment du démarrage. Les appareils nécessitant des pilotes tiers ne sont pas compatibles.
La licence migre vers le TPM
Unraid introduit une nouvelle méthode de licence liée au TPM, appelée à coexister avec l’activation traditionnelle par clé USB. Toutes les nouvelles clés et les clés de remplacement utilisent désormais ce mécanisme par défaut, jugé plus robuste. Les utilisateurs existants peuvent effectuer cette migration manuellement à l’aide de la documentation officielle. C’est un changement discret, mais important pour la pérennité des installations : la perte ou le remplacement d’une clé USB ne devrait plus rimer avec perte de licence.
Docker 29 : attention aux adresses MAC
Docker passe de la branche 27 à la branche 29.4.3 et ce saut de version entraîne un changement de comportement : les adresses MAC des conteneurs sont désormais générées de façon aléatoire à chaque démarrage. Pour les déploiements reposant sur des réservations DHCP, des règles de pare-feu ou des ACL de switch, cela peut être problématique.
Unraid répond à ce besoin en introduisant un champ optionnel d’adresse MAC fixe directement dans les templates Docker. Les valeurs héritées présentes dans les paramètres supplémentaires (–mac-address=) sont migrées automatiquement lorsque c’est possible. Par ailleurs, des « conteneurs fantômes » (phantom containers) devenus visibles après la migration Docker 27→29 sont désormais filtrés de l’interface, sans altérer l’état interne de Docker.
Stockage : ZFS gagne en visibilité et en contrôle
Plusieurs améliorations touchent le stockage. Les fichiers corrompus dans un pool ZFS sont maintenant affichés dans l’interface, ce qui facilite le diagnostic. La taille maximale de l’ARC ZFS est désormais configurable directement depuis Réglages → Paramètres disque, sans avoir à passer par un paramètre de pilote personnalisé.
Des régressions importantes sont également corrigées : les disques 4Kn et certaines configurations LSI HBA rencontraient des problèmes de compatibilité de taille de secteur avec XFS, c’est résolu. Des correctifs concernent aussi le réveil intempestif des pools ZFS toutes les 24 heures, la détection de périphériques avec des noms longs (sdp, sdap…), etc.
Virtualisation, interface et réseau
QEMU monte en version 10.2.2, libvirt en 12.2.0, et le firmware OVMF est rafraîchi. Un bug de blocage avec virtiofs sur certains systèmes Linux invités est corrigé. Du côté réseau, Unraid enrichit son support matériel AMD avec les modules XDNA, ACP et NPU, ainsi que des firmwares Bluetooth et Wi-Fi Intel mis à jour. Une page dédiée à Tailscale fait son apparition dans les réglages, facilitant la découverte du plugin.
L’interface web bénéficie de nombreuses corrections : gestion des fins de ligne Windows dans les fichiers de configuration GRUB et Syslinux, affichage de la RAM, isolation des cœurs CPU, redémarrage automatique du daemon SSH après une reprise réseau, et formatage des notifications Discord.
En synthèse
Unraid 7.3 n’est pas une mise à jour cosmétique. Le démarrage interne, la migration TPM, la gestion des MAC Docker et les corrections ZFS constituent des changements structurels qui améliorent la fiabilité à long terme des installations. Le noyau Linux passe en version 6.18.23, et l’ensemble de la distribution de base est mis à jour avec des versions récentes de curl, OpenSSL, PHP 8.4, rclone, et bien d’autres composants. Une mise à jour à planifier sérieusement pour tout utilisateur soucieux de la stabilité de son infrastructure.


