Copytrack et mise en demeure pour violation de droits d’image

Pendant mes vacances, j’ai reçu un e-mail qui m’a donné quelques sueurs froides. L’expéditeur se présentait comme une société spécialisée dans la protection et la monétisation des droits d’image. Le message prenait la forme d’une mise en demeure pour « utilisation non autorisée d’une image protégée ». Sur le moment, difficile de savoir s’il s’agissait d’une tentative d’intimidation ou d’une véritable réclamation légitime. Mais une chose est certaine : ce type de message ne doit jamais être pris à la légère.

accusation - Copytrack et mise en demeure pour violation de droits d’image

Copytrack, un service particulier

L’entreprise à l’origine de l’e-mail se nomme Copytrack. Si on jette un œil sur son site Web officiel, elle se décrit comme ceci :

Copytrack est un service qui vous aide à trouver et à réclamer vos images utilisées sans autorisation sur Internet. Téléchargez vos fichiers, signalez celles qui ont été volées, et laissez Copytrack se charger des poursuites judiciaires à votre place.

En clair, Copytrack propose aux photographes et agences de soumettre leurs visuels. L’outil se charge ensuite de scanner le Web à la recherche d’utilisations non autorisées, puis d’exiger une indemnisation. Le modèle économique est simple, l’entreprise se rémunère directement sur les sommes récupérées, à hauteur de 45 % (toujours selon le site officiel).

Ton menaçant

L’e-mail que j’ai reçu ne laisse pas de place au doute : le ton est direct, voire agressif. Je suis accusé d’« utilisation d’une image sans autorisation » et invité à régulariser ma situation sous peine de poursuites via leurs avocats partenaires. Le délai est extrêmement court, vous avez 10 jours pour vous défendre. Heureusement que je consulte mes e-mails pendant mes vacances…

Deux options sont proposées :

  • Option 1 : achat d’une licence supplémentaire (valable un an, incluant l’utilisation passée et future) → 389,59 €
  • Option 2 : indemnisation pour usage passé (suppression immédiate de l’image) → 350,00 €

Si vous décidez de payer, vous avez un petit délai supplémentaire (environ 20 jours)

Comment j’ai résolu la situation…

Heureusement, au milieu de ce message à la limite de l’intimidation, un paragraphe mentionne une alternative :

Si vous disposez d’une licence valide ou de toute autre justification légale pour utiliser ces images, veuillez nous en fournir la preuve.

C’était mon cas. L’image concernée avait bien été obtenue dans les règles et j’avais conservé la preuve. J’ai donc transmis plusieurs éléments (numéro de licence et capture d’écran) dès le lendemain.

Trois jours plus tard, je recevais une réponse beaucoup plus brève :

Nous avons examiné les informations fournies et avons décidé de clore la réclamation.

Fin de l’histoire.

En synthèse

Si vous recevez un e-mail de ce type, ne cédez ni à la panique ni à la tentation de payer immédiatement. Vérifiez vos droits, rassemblez vos preuves et répondez dans les délais. Dans mon cas, la situation s’est réglée rapidement grâce à une simple vérification de licence.

Ce genre d’e-mails peuvent sembler menaçants, mais ils reposent bien sur une base légale : la protection des droits d’auteur. De mon point de vue, si vous êtes dans votre bon droit, il ne faut pas ignorer ce genre de message et il vaut mieux répondre dans les délais. Vous pouvez ignorer ce genre de message, mais il y a de forte chance que vous receviez un recommandé par la suite. Si vous n’avez pas de licence valide, Copytrack peut exiger une indemnisation. À voir s’il n’est pas prudent de prendre un avocat…

Quelques conseils :

  • Utilisez des banques d’images libres de droits fiables ;
  • Vérifiez les conditions d’utilisation avant de publier une image ;
  • Conservez toujours les factures le cas échéant ou certificats de licence ;
  • Privilégiez vos propres créations visuelles…
  1. Sans preuve de réception électronique du mail (recommandé électronique), la mise en demeure n’a pas la moindre valeur, l’émettteur ne pouvant prouver la réception, l’une des conditions indispensables à une action en justice.

  2. Utilisez que des images générées par IA et oubliez les banques d’images « gratuites » car il s’avère que certaines sociétés sont coutumières du fait :
    – on met des images « libre de droit » sur une plateforme
    – puis on vend les droits de ces photos à une société qui retire ces même images libres de droits des plateformes
    – et on met en demeure tous les pingouins qui utilisait ces images dans leur articles….(une simple recherche Google image suffit à lister tous les utilisateurs…)
    bref des méthodes de voyous mais qui sont légales !
    Voilà voilà….
    Verdict => utilisez l’IA

  3. C’est terrible cette situation, et il s’en faut de peu pour ne pas avoir la trace de l’achat de l’image en question, si jamais elle est juste trouvée sur google, comme ça.
    Et ces sociétés, ces sangsues à la solde d’ayants-droits qui n’ont que ca pour se faire de l’argent avec leurs « oeuvres », c’est pitoyable.
    Enfin, moi je suis un partisan du « si tu publies quelque chose, ca devient publique, sinon faut pas le publier »
    Moi, j’abolirais le droit d’auteur. Sinon, tout peut etre copyrighté, de la note de musique au mot du dictionnaire, voire la lettre. On s’en sort plus.

    Et oui, générer ces images par l’IA, ca semble mettre à l’abri, mais on voit que c’est pas vraiment le cas non plus puisque les ayants-droits crient au plagiat et au vol également.
    Nul…

    1. Je n’ai jamais lu une idiotie aussi grosse que celle-ci.
      Avant de parler pour ne rien dire, connaissez-vous au moins la définition et à quoi servent les droits d’auteurs?
      Il semblerait que non, vu votre discours. Et de dire que tout ce qui est publié doit devenir publique est une grave hérésie.
      Je vous invite à cliquer sur ce lien, pour vous permettre d’élever votre niveau d’intelligence
      https://www.upp.photo/fr/article/photographes-le-p...

      Deuxième point qui montre votre grande méconnaissance du monde de l’art, que ce soit la photographie ou autre, c’est ce point, je vous cite  » Et ces sociétés, …… d’ayants-droits qui n’ont que ca pour se faire de l’argent avec leurs « oeuvres », c’est pitoyable  »
      Savez-vous qu’un artiste, tel qu’il soit, est avant tout un artisan qui vit de la vente de son travail. Et oui, créer une oeuvre est un travail, qui demande souvent beacoup de temps dans sa conception.

      Ah oui, j’ai failli oublié. Même votre nom et prénom sont « copyrighté » comme vous dites, car si quelqu’un les utilise, cela s’appelle un vol d’identité.

  4. Ça me fait penser aux arnaques à l’annuaire.

    Tout professionnel ou société nouvellement immatriculée va recevoir plusieurs courriers d’injonction à régler des frais de référencement / parution dans des annuaires, avec des noms et une formulation qui peuvent faire croire à une obligation légale.

    Bien sûr il n’en est rien, c’est juste une arnaque (les petits caractères limites invisibles en bas de pages disent que c’est un « service » payant), par contre si vous signez vous êtes obligé de les payer et c’est une galère à résilier.

    Sans creuser plus que ça le sujet CopyTrack, je ne serais pas étonné qu’il en soit de même.

  5. Y a t il des sites open source pour vérifier qu une image ou même une icône est bien libre de droits?
    Car Google image n est pas si performant que cela …

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