
Après avoir testé le puissant Flint 2, nous restons aujourd’hui chez GL.iNet mais avec un changement radical de format. Place au Brume 3 (GL-MT5000), une passerelle de sécurité et routeur de poche qui fait un choix audacieux : se passer totalement de Wi-Fi.
Actuellement installé, depuis 8 mois environ, comme routeur principal sur mon infrastructure, ce petit boîtier promet de concentrer toute la puissance de routage et de chiffrement VPN dans un format lilliputien. Tient-il toutes ses promesses au quotidien ? C’est ce que nous allons voir.
De bêta-testeur à routeur principal : les coulisses de mon installation
Pour la petite histoire, j’ai eu l’opportunité de participer à une sélection de profils pour devenir bêta-testeur de ce Brume 3, et mon profil a été retenu. Reçu début décembre 2025, l’appareil est arrivé accompagné d’une feuille de route bien précise : une liste d’éléments à éprouver scrupuleusement, consignée dans un fichier Excel à remplir et à renvoyer aux équipes de développement de GL.iNet.
Au départ, l’intégration de ce petit routeur dans mon architecture réseau m’a laissé perplexe. Mon installation était déjà bien rôdée autour du Flint 2, qui était caché dans un caisson du meuble TV dans mon salon, pour gérer à la fois le routage et le Wi-Fi. Cette configuration m’imposait d’ailleurs une petite gymnastique de câblage : deux câbles Ethernet devaient faire l’aller-retour entre mon salon et mon sous-sol (où arrive ma box opérateur). Le premier remontait le flux Internet vers le Flint 2, tandis que le second redescendait le réseau filtré vers mon switch 2.5G principal, chargé d’arroser les NAS, les mini-PC Geekom et les prises des chambres et bureaux.
L’arrivée du Brume 3 a bousculé cette routine. Taillé pour le routage pur et nativement pensé pour le VPN, ce petit boîtier méritait logiquement de prendre la place de tête de réseau. J’ai donc sauté le pas : le Brume 3 a pris ses quartiers au sous-sol pour piloter l’infrastructure, tandis que le Flint 2 a été rétrogradé au rôle de simple point d’accès Wi-Fi (récemment installé dans mon bureau après changement de meuble TV, WAF non compatible). Ce jeu de chaises musicales m’a permis d’optimiser mon câblage dans le salon : j’ai ainsi libéré un câble réseau pour relier ma box TV directement à la Bbox du sous-sol, le second restant dédié à mon Apple TV. En clair, j’allie désormais le meilleur des deux mondes : la puissance de routage et du VPN pour le Brume 3, et la couverture Wi-Fi pour le Flint 2.
Le matériel : Un concentré de puissance sous le capot
Si le Flint 2 impressionnait par ses antennes et son volume, le Brume 3 (GL-MT5000) surprend par l’extrême inverse. C’est un boîtier compact, léger, discret, conçu pour se faire oublier dans une baie réseau ou s’isoler derrière une box opérateur avec ses petites dimensions de : 75 x 92 x 25 mm. Et pour seulement une masse de 148 g, ce routeur format mini peut se transporter facilement en voyage pour bénéficier du client VPN intégré ou pour partager une connexion mobile en filaire sur plusieurs ordinateurs.
Ayant eu la chance de participer au programme de bêta-test de l’appareil, j’avais initialement noté quelques petits défauts de jeunesse sur les finitions du boîtier. Force est de constater que GL.iNet est une marque à l’écoute de sa communauté : sur la version commerciale finale, le marquage des ports USB-C est désormais parfaitement lisible et la luminosité de la LED a été ajustée pour ne pas transformer votre bureau en boîte de nuit.
Côté caractéristiques techniques, le Brume 3 ne fait pas semblant et s’intègre parfaitement dans une topologie réseau moderne en 2,5 Gb/s pour maximiser les débits filaires. Il embarque :
- Processeur : MediaTek, Quad-core @2.0GHz (il s’agit d’un SoC performant capable d’encaisser le routage et surtout le chiffrement lourd).
- Mémoire : 1 Go de DDR4 et un eMMC de 8 Go. C’est une configuration solide en RAM (bien qu’un peu léger en quantié de RAM) et en stockage Flash pour faire tourner l’OS maison et ajouter des packages.

- Connectique :
- 1 x port ethernet WAN en 2,5 Gb/s
- 2 x ports Ethernet LAN en 2,5 Gb/s également (dont un qui peut servir en WAN supplémentaire)
- 1 x port USB 3.0 Type-C
- 1 x port USB Type-C d’alimentation (uniquelent) en 5V/3A
- 1 x bouton reset
Ce brume 3 possèdes des ports à la hauteur de nos exigences actuelles (bien qu’un port LAN ou deux supplémentaires n’auraient pas été de refus), complétés par un port USB indispensable pour y coupler une clé 4G/5G en backup, ou encore y brancher un smarphone pour faire du thethering (partage de connexion), ou enfin pour y brancher un périphérique de stockage USB (clé USB, disque-dur USB…).
Contenu du colis
- 1 x Brume 3 (GL-MT5000)
- 1 x Adaptateur secteur
- 1 x Câble Ethernet
- 1 x Manuel d’utilisation
- 1 x Carte de remerciement
- 1 x Convertisseur (selon le pays de livraison)
Installation et premier démarrage
Fidèle à la réputation de la marque, la mise en route est un modèle du genre. On branche l’alimentation (via USB-C), on s’y connecte en filaire, et l’assistant nous guide à travers les premières étapes indispensables :
- Choix de la langue et définition du mot de passe administrateur.
- Détection et configuration de l’accès Internet (DHCP, PPPoE ou IP fixe).
- Mise à jour immédiate du firmware (une étape essentielle pour la sécurité).
Il existe au besoin un guide d’utilisation et de configuration disponible sur le site de GL.iNet.
Le système d’exploitation et les fonctionnalités
L’interface logicielle de GL.iNet, propulsée ici par une version stable et récente du firmware v4.9.0 (disponible depuis le 27 juillet 2026, loin de la version v4.8.4beta2 de mes premiers essais en décembre 2025), reste un modèle du genre pour concilier simplicité et fonctionnalités avancées.
Pour télécharger la dernière version du firmare manuellement plutôt que de laisser le routeur le faire, il faut aller sur le centre de téléchargement de GL.iNet (lien pour le Brume3).
L’interface GL.iNet
Le tableau de bord offre une vue claire sur l’état du réseau et des clients, il est très similaire à celui du Flint2 que j’ai testé il y a presque deux ans maintenant.
Voici quelques captures d’écrans de cette interface de gestion :
La gestion des flux : le DPI (Deep Packet Inspection)
Une nouvelle fonctionnalité introduite dans la version 4.8.4 bêta du firmware du Brume3 est la gestion des flux via le DPI (Deep Packet Inspection) avec filtrage de contenu, ainsi que la QoS (Quality of Service) et le SQM (Smart Queue Management). Le contrôle parental, quant à lui, est arrivé avec la version 4.9.
Cette nouvelle fonctionnalité avait suscité quelques craintes lors de la bêta car le DPI (Deep Packet Inspection), qui affichait initialement des mentions de « Free Trial » ou de licence à obtenir. Rassurez-vous, il n’en est rien. Cette brique d’analyse réseau est aujourd’hui totalement gratuite et disponible sans surcoût. Il est bon de noter que cette fonctionnalité est encore en version bêta et donc toujours en développement.
Techniquement, cette fonctionnalité s’appuie sur le moteur tiers Netify (nDPI) (voir la documentation à ce sujet). Ce dernier utilisant un modèle de double licence (commerciale et open-source), cela explique les lignes de code et les mentions de licence qui s’étaient glissées dans l’interface de test. C’est désormais de l’histoire ancienne, et l’outil s’avère redoutable pour identifier précisément la nature du trafic qui transite sur votre réseau.
Les fonctionnalités suivantes sont disponible à la configuration :
- Activation du contrôle de flux (documentation ici) ;
- Statistiques des données (documentation ici) ;
- Gestion des filtres de contenus (documentation ici) ;
- La gestion QoS (documentation ici) ;
- La gestion SQM (documentation ici) ;
- Et le contrôle parental (documentation ici).
AdGuard Home intégré
Comme sur les grands modèles, l’intégration native d’AdGuard Home (AdGH) permet de bloquer les publicités, les trackers et les domaines malveillants directement à la racine du réseau, sans installer la moindre extension sur vos appareils. (Ayant une instance dans un LXC dédié, j’ai activé l’application sur le routeur pour faire les captures.)
Les autres applications préinstallées
D’autres applications sont préinstallées avec le firwmare GL.iNet :
OpenWRT (LuCI) dans l’ombre
Pour les utilisateurs avancés, un simple clic permet de basculer sur l’interface LuCI classique d’OpenWRT (après l’avoir installé via un clic également). C’est ici que l’on peut configurer des règles de pare-feu complexes, des VLANs ou installer des paquets supplémentaires via opkg (la version d’Openwrt 21 sur laquelle est basée le firmware GL.iNet est vieille et est encore avec le gestionnaire de paquet opkg, c’est probablement le seul reproche que je ferais sur ce routeur).
Serveur et Client VPN : Le gros point fort
C’est précisément sur ce terrain que le Brume 3 (GL-MT5000) était attendu au tournant, d’autant plus en position de routeur principal sur une infrastructure 2,5 Gb/s. Les tests de performance brute en situation réelle avec des fournisseurs comme Windscribe et Mullvad sous le protocole WireGuard confirment la puissance de la machine.
- Mode Client VPN : Le processeur encaisse le chiffrement WireGuard sans sourciller, permettant d’exploiter d’excellents débits sans saturer le CPU du routeur. Grâce aux politiques de routage, vous décidez à la carte quelles machines (comme votre NAS ou votre PC principal) passent par le tunnel chiffré de Mullvad ou Windscribe, et lesquelles sortent en direct sur votre connexion classique.
Voici quelques résultats (benchmarks) fait lors de la phase de beta-test (via mon Macbook Air M2 avec un adaptateur USB-TJ45 Asustor AS-U2.5G2) :

- Mode Serveur VPN : Idéal pour configurer un accès distant sécurisé vers votre domicile. Même à l’extérieur, vous vous connectez en WireGuard sur le Brume 3 et vous accédez à vos services locaux à pleine vitesse. Je n’ai pas pu réaliser de benchmarks car je n’ai jamais pu avoir une connexion en dehors de chez moi assez rapide pour que le test ait une vraie valeur. Mais en ce qui me concerne, j’utilise quasi quotidiennement la connexion wireguard sur mon brume3, surtout en 4G/5G. J’ai également le serveur OpenVPN en secours.
Performances et Consommation électrique
N’ayant pas de Wi-Fi à tester, l’accent a été mis sur les capacités de routage pur et la tenue en charge des tunnels chiffrés.
- Débits et Stabilité : En routage classique, le Brume 3 sature les liaisons sans ciller. Lors des transferts intensifs à travers le tunnel WireGuard, le processeur encaisse la charge sans montrer de signes de faiblesse ni provoquer de latence sur le reste du réseau.
- Consommation et Température : Le boîtier chauffe modérément en charge intensive. Côté consommation, elle reste dérisoire par rapport à un routeur classique ou un mini-PC, ce qui en fait un excellent candidat pour tourner H24 sans impacter la facture d’électricité.




























