NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Nous sommes en 2026 et les choses ont pas mal évolué ces derniers mois. À une certaine époque, les systèmes DIY pour NAS se comptaient sur les doigts d’une main : ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, on trouve des solutions très abouties, avec un niveau de qualité proche du monde professionnel, comme TrueNAS Scale ou Unraid, des options intermédiaires comme OpenMediaVault (OMV), et d’autres plus accessibles et plus souples, comme CasaOS, ZimaOS ou UmbrelOS. Nous aborderons également le cas de Proxmox

NAS DIY OS - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Qu’est-ce que le DIY pour les NAS ?

Le concept de NAS DIY (Do It Yourself) repose sur une idée simple : s’affranchir du verrouillage matériel des constructeurs (Synology, QNAP, Asustor…). Au lieu d’acheter un boîtier propriétaire, vous sélectionnez vos propres composants (boîtier, processeur, RAM, contrôleurs…) ou vous recyclez un ancien PC.

Cette approche offre 2 avantages majeurs :

  • Rapport performance/prix : pour le prix d’un NAS 4 baies du commerce équipé d’un processeur souvent limité, vous pouvez assembler une machine capable de gérer du transcodage 4K, des dizaines de conteneurs Docker, des machines virtuelles… 
  • Évolutivité : vous n’êtes plus limité par le nombre de ports, la mémoire soudée ou les choix matériels du constructeur. Votre NAS évolue avec vos besoins.

À cela s’ajoute un point souvent sous-estimé : la possibilité de donner une seconde vie à un NAS qui ne reçoit plus de mises à jour…

Qu’est-ce qu’un système DIY pour les NAS ?

On me pose souvent la question : pourquoi parler de « système » et pas simplement de « système d’exploitation (OS) » pour NAS ?

Parce qu’en 2026, un NAS moderne n’est plus seulement un serveur de partage de fichiers (SMB/NFS). C’est une plateforme qui combine trois couches complémentaires :

  • OS : généralement Linux, il gère le matériel et le système de fichiers (ZFS, Btrfs, XFS…) ;
  • Interface web : outil d’administration au quotidien, qui permet de gérer stockage, utilisateurs, services, mises à jour et supervision (sans passer par des lignes de commande) ;
  • Applications : écosystème de services que vous hébergez qui était la force des fabricants historiques… mais maintenant Docker est devenu central.

Les poids lourds : Performance et stockage massif

Ces solutions visent d’abord la fiabilité et une gestion sérieuse du stockage.

TrueNAS Scale : l’incontournable

TrueNAS 251001jpg - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Avec ses évolutions récentes, TrueNAS Scale s’est imposé comme une référence du NAS DIY. Son point fort, c’est la protection des données grâce à ZFS (snapshots, auto-réparation, intégrité), avec une approche très “pro”.

En contrepartie, ZFS reste relativement rigide : étendre un pool en ajoutant “juste un disque” n’est pas aussi souple que sur d’autres solutions. Pour exploiter ZFS dans de bonnes conditions, il est recommandé d’avoir beaucoup de mémoire vive/RAM (ECC de préférence).

Si votre priorité est la pérennité et la sécurité des données, TrueNAS Scale est un excellent choix.

Unraid : la flexibilité avant tout

Unraid 2026 - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Toujours très populaire chez les particuliers, Unraid brille par sa capacité à gérer des disques hétérogènes (marques et tailles différentes) avec une grande simplicité. Son système de parité permet d’ajouter un disque facilement, au fil de l’eau. Son interface est aussi l’une des plus accessibles et sa gestion de la virtualisation (VM avec passthrough GPU) est une référence pour les configurations hybrides.

Le point à intégrer dans l’équation : son modèle économique a évolué. Les mises à jour sont désormais liées à un abonnement, sauf licence à vie plus onéreuse. Cela le place face à une concurrence gratuite de plus en plus solide.

Unraid reste un excellent choix pour le multimédia, l’hébergement d’applications et le recyclage de disques, à condition d’accepter le coût de la licence.

L’intermédiaire

openmediavault 2026 - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

OpenMediaVault est construit autour d’une base Debian, avec une philosophie simple : rester léger, stable et relativement proche de Linux.

OMV tourne sur à peu près tout, y compris sur du matériel ancien. Il laisse plus de latitude pour personnaliser l’OS sous-jacent que certaines solutions plus “encadrées”. En revanche, l’interface est plus austère et demande souvent un peu plus de connaissances pour obtenir une configuration parfaitement propre (permissions, services, supervision, sauvegardes).

C’est une solution cohérente pour les utilisateurs à l’aise avec Linux qui veulent un NAS sans fioritures, sur du matériel modeste.

La nouvelle vague : simplicité et one-click

Ici, l’objectif est clair : privilégier l’accessibilité, l’expérience utilisateur et une installation rapide.

CasaOS, ZimaOS et UmbrelOS

Capture CasaOS - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Ces systèmes (ou surcouches, selon les cas) cherchent à transformer un serveur en « cloud personnel » facile à prendre en main. Les interfaces sont modernes, visuelles et l’installation d’applications ressemble à un App Store… On déploie des services en quelques clics, ce qui les rend attractifs pour démarrer vite.

La limite est structurelle : ce ne sont pas, à la base, des OS orientés « stockage avancé ». La gestion RAID, la stratégie de protection des données et les scénarios de migration/extension sont sommaires (rien à voir comparé à TrueNAS et Unraid).

Ils sont donc très adaptés à un premier serveur multimédia/domotique, mais moins pertinent si vous cherchez une plateforme de stockage « sérieuse » pour des données réellement critiques.

HexOS

HexOS est très attendu (toujours en Bêta), car l’ambition est séduisante : proposer la puissance d’une base type TrueNAS avec une interface beaucoup plus simple. C’est une piste intéressante pour ceux qui veulent une expérience plus « grand public » sans renoncer à une base technique solide.

Point important : c’est un produit payant. Son intérêt dépendra de son niveau de maturité et de la qualité de l’intégration au quotidien.

L’alternative : virtualisation avec Proxmox

Proxmox VE 9.1 2026 - NAS DIY en 2026 : quel système choisir ?

Techniquement, Proxmox VE n’est pas un OS de NAS : c’est un hyperviseur. Mais en 2026, c’est la base de nombreuses installations homelab.

Le principe est simple : vous installez Proxmox sur le matériel (bare metal), puis vous déployez votre NAS (TrueNAS, OMV…) dans une machine virtuelle et vos autres services dans d’autres VM ou conteneurs.

L’intérêt ici, c’est que vous séparez les rôles. Vous facilitez les sauvegardes complètes (snapshots, export) et vous rendez l’infrastructure plus résiliente. Si un service tombe, le reste continue de tourner et vous pouvez restaurer proprement.

Cependant, c’est une approche plutôt réservée aux utilisateurs avancés. Elle demande une bonne maîtrise des notions de stockage (pass-through, contrôleurs, performances, sécurité des données).

Que choisir en 2026 ?

Le choix ne dépend plus uniquement des fonctionnalités (Docker est devenu un standard), mais de votre priorité? Vous voulez :

  • Protéger vos données avant tout : TrueNAS Scale
  • Recycler des disques variés et évoluer facilement : Unraid
  • Une solution simple, légère, proche de Linux : OMV
  • Une belle interface et démarrage rapide : CasaOS ou ZimaOS
  • Un homelab complet et une infra modulaire : Proxmox

Certains diront que le NAS DIY est à son apogée. De mon côté, je le vois plutôt comme une étape : les outils se simplifient, les standards se consolident et le niveau de finition continue de monter. Reste à choisir l’approche qui correspond à vos contraintes… et à votre tolérance à la complexité.

  1. Effectivement le choix est vaste,
    merci pour avoir éclairé le débat.

    Proxmox + OMV : il faudra savoir gérer les 2
    Alors qu’OMV seul simplifie la gestion NAS only et on
    Peut lui ajouter la gestion docker.
    Mais ProxMox permet d’aller plus loin la gestion des homelab ( VM, docker…)

    Donc tout dépend de ses besoins flexibilité ou focus

  2. J’ai tester Proxmox, TrueNAS, UNRAID, et OpenMediaVault. Tous ça sur un vieux PC et sans trop de connaissances. Mon choix y est allé pour OMV 7. Le système est stable depuis maintenant un an, rien ne l’arrête! J’y ai même ajouté un GPU Intel A380, et ça transcode magnifiquement bien! Ce NAS complète bien mon Synology.

    1. OMV8 est sorti depuis 🙂
      Avant mon syno était le principal et l’OMV le backup, désormais les roles sont inversés, plus de puissance 😀

  3. Il y a aussi Xpenology. Il tourne sur mon terramaster sans aucun soucis.
    Avoir du matériel récent et DSM…le rêve.

    1. J’ai longtemps tourné sur xpeno, mais même si tu bénéficie des gains du hardware, tu garde les limitations logiciels de DSM ( Wireguard, toujours absent par exemple ). Depuis plusieurs années j’ai donc basculé sous OMV, et je regrette juste de pas l’avoir fait plus tot 😀

      1. Effectivement il faut faire des compromis dans certains cas.
        Mais pour mon utilisation, c’est parfait : CPU N95, 16 Gigas DDR5, 2 nvme …c’est une fusée.

  4. Article intéressant quand on voit les limitations qui semblent de plus en plus importantes par exemple chez Synology. Je regarde de plus en plus ces points, mais aujourd’hui je me demande ce qu’il faut comme matériel pour avoir un truc qui tienne la route dans le temps.

    1. Tout dépend de l’utilisation faite du NAS, pour du simple stockage de fichiers n’importe quel configuration d’entrée de gamme fait l’affaire.
      Si il faut faire du transcodage vidéo, executer des applis gourmandes (via docker par exemple) il faut investir un peu plus (carte dédiée et/ou cpu performant, ram gonflée).
      C’est l’avantage des OS indépendant du matériel, on y met ce qu’on veut 😀
      Pour la durée, finalement c’est surtout le suivi logiciel qui importe, et jusque la OpenMediaVault assure bien.

  5. Chez moi c’est Unraid pour le NAS sur un vieux desktop, et OpenSuse MicroOS pour la containerisation sur un Lenovo M70q Tiny

  6. Ah voilà un bon sujet. 🙂
    Pour Unraid la licence est transférable si on change de matériel?
    Exemple je monte un NAS avec du matos de récupération, si je dois le changer car le matériel est mort, licence perdue ou c’est bon?

    Pour l’aspect tarifaire en 6 ans la plus grosse licence avec mises à jour « Lifetime » est amortie. D’un côté ça peut semble long mais de l’autre je n’imagine pas changer de NAS tous les deux ans donc ça ne me choque pas tant que ça.

    1. Oui c’est transférable tu peux upgrade ta config et utiliser ta clé de licence actuel il y a une procédure pour ca idem si ta clé USB crash tu à une procédure pour en recréer une avec ta licence actuel.

  7. D’avoir mis dans le même sac ZimaOS (qui est un OS en tant que tel) avec des apps logicielles comme CasaOS, Umbrel, Runtipi etc – très moyennement d’accord et c’était bien précisé lors des précédents articles (???).
    Il est vrai que pour TrueNas et OMV, l’orientation est spécifique à la gestion du stockage alors que que des OS type ZimaOS sont + des serveurs d’apps docker (avec gestion du stockage, VM, accès à distance …). Concernant le « en 1 clic » sera jouable pour quelques services mais pour la majorité (comme toutes apps Docker), il faudra quand même mettre le nez sous le capot voire pour certaines les mains dans le cambouis.
    Concernant Unraid, je passe mon tour (trop alambiqué dans le concept pour ma part).
    Ce qui manque cruellement, même si cela peut sembler futile pour certains, à OMV, TrueNas et Unraid ce sont un Navigateur de fichiers et un montage et/ou liaison SMB en mode natif (premières fonctionnalités d’un Nas commercial).

    L’intérêt du développement et de l’éventail de + en + conséquent de ces solutions d’hébergement d’un cloud à domicile, permet à ce que chacun trouvera chaussure à son pied en fonction de son cahier des charges.

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