Surviving Mars, Vis ma vie de Martien

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Ah… la terre. Ses océans, ses forêts, l’amour de ses proches, ses bars où s’enivrer de la joie perpétuelle d’être en vie, sa musique flottant dans l’air et ses odeurs de crêpes au petit matin (enfin, si vous êtes breton). On vous le concède, la terre, c’est aussi quelques menus problèmes, dont les plus problématiques défilent le menton haut sur les chaînes de la TNT par exemple. Mais toutes ces joies et toutes les vicissitudes de notre vie ici-bas ne doivent jamais vous faire oublier que tout ceci est une exception et que, partout ailleurs, comme sur Mars, respirer n’est pas acquis. Surviving Mars vous fait ce cadeau ; Mars n’est pas la terre. Et croyez-moi, vous le saurez très vite.

surviving mars

Surviving Mars

Surviving Mars est développé par Haemimont Games. Plus habitués aux constructions de républiques bananières qu’à celles de fusées interplanétaires, Surviving Mars ne renie pourtant pas son ascendance envers Tropico 3 et 4 dont il reprend, parfois, l’humour. Le principe reste le même d’ailleurs, le farniente et les touristes nudistes en moins.

Notre aventure spatiale commence, pour sa part, immanquablement de la même manière : vous y choisirez un sponsor pour votre mission, allant d’une mission internationale pour les moins téméraires à la mission de secte religieuse pour les plus imprudents. Chaque sponsor vous apportant plus ou moins de crédit (nerf bien connu de la guerre, de la félicité éternelle et de la conquête de mars, donc), de capacité scientifique (exprimés en points, ils permettent de développer des technologies clés pour la survie sur la planète) et de divers traits caractéristiques comme le nombre de fusées disponibles ou le nombre de sondes que vous emporterez au premier voyage par exemple.

Une fois que vous aurez personnalisé votre mission grâce aux différentes possibilités offertes par le jeu, vous pourrez vous lancer à la conquête de la planète rouge. Et les ennuis commencent !
À ce stade, nous déplorons les possibilités assez peu nombreuses de sponsors et d’emblèmes, bien que le steam workshop se remplisse rapidement de mods et contenus en tout genre de la communauté.

JAMAIS SANS MES DRONES

Premier défi pour votre expédition, le lieu de pose. La planète rouge ayant été entièrement modélisée pour le plus grand bonheur des aficionados d’astronomie qui pourraient avoir l’envie de fonder leur première colonie martienne sur le mont Olympus ou dans vallée marinelis, gigantesque canyon balafrant le sable rouge sur des kilomètres. Quoi qu’il en soit, si certains emplacements de départ sont désignés d’emblée pour plus ou moins de difficulté, vous aurez le loisir de vous poser où bon vous semble. Chaque emplacement ayant ses avantages et ses inconvénients ; plutôt riche en ressource, mais très exposé aux différentes catastrophes naturelles ? Plutôt tranquille, mais assez pauvre en richesses ? La recherche d’un emplacement alliant l’un et l’autre étant quasiment impossible, à vous de faire des choix.

Mais avant de faire gambader vos jeunes martiens, des verres de vin blanc bio équitable sans gluten à la main, il vous faudra produire de l’eau, de l’électricité et… de l’oxygène ! Car, oui, mars est un territoire mort. Vous n’y trouverez que quelques points d’eau souterrains difficiles d’accès, quelques métaux apparents et du sable rouge à perte de vue.

Dans un premier temps, aucun humain n’accompagne la mission et votre première tâche consiste donc, à grand renfort de drones, à réaliser les habitats nécessaires à vos futurs colons tout en n’oubliant pas la création des ressources indispensables à la vie sur place. De ces quelques éléments, vous tirerez bientôt les pièces de rechange et autres éléments électroniques dont vous avez besoin pour aller plus loin dans l’aventure. Chaque bâtiment consomme des ressources pour son entretien, ce qui signifie que plus vous construisez et plus vous devez produire. Or, dans un premier temps, chaque ressource est très rare. Si vous n’y prenez pas garde, vous aurez vite fait de vous retrouver à court de pièces détachées. Une impossibilité de vous approvisionner dans une ressource essentielle à ce moment de la partie signera sans doute votre arrêt de mort. Il vous reste néanmoins un joker, car vous pourrez, tant que vos crédits vous le permettent, demander des ravitaillements à la planète bleue. Les matériaux rares de Mars pourront, eux, être renvoyés sur Terre et ces premiers échanges commerciaux vous rapporteront des crédits, suffisamment pour vous permettre de survivre et de garder des jokers sous le coude en cas de coup dur avec votre approvisionnement. Mais si d’aventure tout ne s’était pas passé comme convenu et si vous ne pouviez pas amasser de nouveaux crédits, ce serait votre mort et à la fin du rêve d’Elon Musk. Vous ne lui feriez pas ça, n’est-ce pas ?

FAIS TA VALISE, SIMONE

Si vous survivez à l’implacable rigueur de Mars et y fondez une colonie habitée par des humains, les ennuis ne s’arrêtent pas pour autant. Car, si les drones, ces tas de métaux insensibles, s’accommodent autant que faire se peu de l’absence d’atmosphère respirable, d’une diet en eau digne d’un épisode de Man Vs Wild et d’une absence prolongée de restaurant et autre Casino, vos colons, eux, exigeants jusqu’au bout, demanderont rapidement autre chose que des petites bicoques sous bulles. Chaque colon est un individu à part dans Surviving Mars et bien que vous puissiez choisir une partie des caractéristiques de ceux qui vous accompagneront en essayant de choisir les moins alcooliques (sisi), vous devrez fournir à ces derniers de nombreux services pour qu’ils prospèrent. Si vos colons dépriment ou sont malheureux, ils repartiront avec la première fusée ou pire, se suicideront, déprimant au passage toute la colonie et aboutissant bien vite à un syndrome France Telecom pour de nombreux citoyens martiens. Est-ce bien important me direz-vous ? « Produisons avec des robots ! » entends-je crier les petits malins qui sont restés concentrés et ont réussi à passer outre cette blague de mauvais goût sur notre fleuron national des télécoms. Eh bien non, Jean-Edouard, sans colon, vous ne produirez pas grand-chose, la plupart des bâtiments produisant des denrées de niveau supérieur nécessitant de la main-d’œuvre humaine pour fonctionner.

Enfin, dernière étape d’une colonie prospère, les enfants. Vous aimez les enfants ? Surviving Mars aussi. Sur Mars, chaque enfant est un miracle, car vous devrez augmenter suffisamment le confort de vos ouailles pour que les relations interpersonnelles soient rendues possibles. C’est bien connu, le désir charnel se déclenche autour d’un bon resto et d’une petite virée au casino. Mais attention, les enfants sans infrastructures (crèches, écoles, jeux) deviennent vite des idiots alcooliques sans spécialisations, comme leurs parents. Veillez donc à les éduquer correctement.

Mais, même si votre gestion est digne d’un comptable est-allemand, vous aurez d’autres difficultés à surmonter. Le vent. Le froid. L’espace. Dans Surviving Mars, votre meilleur ennemi, c’est la poussière. Recouvrant tout, elle oblige à une maintenance régulière qui vous coutera cher et lorsqu’elle se déchaine en tempête, elle peut paralyser toute votre colonie, notamment votre production électrique ; entrainant en cascades d’autres problèmes, les plus sévères étant l’arrêt de la production d’oxygène et la mort de tous vos colons. Vive le vent…
Cela dit, une pluie de météorite peut tout aussi rapidement avoir raison de votre dôme ou de vos installations. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier et diversifiez vos sources d’approvisionnement et leur localisation.

La gestion de votre colonie en développement se fait relativement aisément pourvu que l’on soit un habitué de ce genre de jeux ; de Tropico à Anno, vous trouverez ici des réflexes connus d’ajustement des spécialisations (des botanistes à faire travailler aux champs, des médecins à l’infirmerie et des ingénieurs à l’usine), de productivité, etc.
En revanche, si vous n’avez jamais posé les mains sur un jeu de gestion/city builder, votre parcours sera rendu très pénible par l’absence d’un tutoriel digne de ce nom. Vous serez donc très probablement amené à essayer plusieurs fois avant de comprendre comment développer une colonie stable.

APPROXIMATIONS & CO

Si d’aucuns apprécieront le côté Sandbox de Surviving Mars et la relative jouabilité qu’apporte le fait de pouvoir se poser n’importe où, de choisir un nouveau sponsor et de tenter une autre approche, il apparait rapidement que le titre manque d’un fil directeur. Chaque partie est dotée d’un « mystère », scénario aléatoire ou non allant du développement d’une IA à des découvertes archéologiques qui font office de « quête principale » tout au long d’une partie. Assez sympathique et permettant de donner un peu de profondeur au jeu, celui reste souvent trop mou, peinant à donner une réelle impression de « grandeur » à ses villes comme d’autres savent le faire, à l’instar de Cities XL ou City Skyline, assez doué pour cet aspect contemplatif.

Peut être est-ce dû aux graphismes un peu cartoonesques, fort sympathique au demeurant, mais donnant l’impression de jouer avec des jouets plus qu’avec des vies ? (Oui, « des vies », on se prend au sérieux chez Cachem). Peut-être est-ce les incohérences dans la temporalité dans ce cas ? En effet, Surviving Mars compte en « sol » (25 heures, soit une journée terrestre). Mais aucun élément ne correspond à la vérité scientifique de Mars, ni le temps de vie d’un colon, ni le temps de parcours des fusées, ni les vitesses de construction. En un sens, le jeu a été adapté pour être « jouable », mais passe alors sur le côté « science before all » qui présidera probablement à l’achat du jeu. Il manque clairement une option « réaliste » permettant de rendre le jeu plus dur (bien qu’il le soit déjà beaucoup), plus lent, mais terriblement plus intéressant, car respectueux de ce que pourrait être une véritable colonisation martienne. Si l’on est capable de passer outre le fait que les candidats d’une terre pourtant surpeuplée ne se bousculent pourtant pas au portillon et que la plupart d’entre eux possèdent des tares psychologiques qui auraient été rédhibitoires à une embauche dans n’importe quel supermarché…

CONCLUSION

Surviving Mars est une fraicheur subtile dans un monde où le City Builder rime souvent avec des villes américaines aux quadrillages rectilignes. Bien que jouissif au départ parce qu’assez ardu, parfois drôle, globalement bien équilibré, permettant le placement libre et ouvert aux mods du workshop de steam il n’en reste pas moins dépourvu de tout tutoriel digne de ce nom et affublé de plusieurs gros défauts assez embêtants : gestion du temps, manque d’intérêt au long court, attentes parfois déraisonnables des colons… À quand les extensions ?

 

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