Mon espace santé, c’est quoi ? Doit-on refuser ? Comment ça marche ?

Mon espace santé est la nouvelle plateforme qui est destinée à être le nouveau carnet de santé numérique pour l’ensemble des assurés en France. Ce dernier remplace le DMP (Dossier médical partagé) créé en 2004, renommé en 2016, mais sans pour autant convaincre le public ciblé. Ce nouvel espace est une copie numérique de vos documents médicaux. Plus besoin de partir à la recherche des résultats de la dernière prise de sang ou du compte rendu du spécialiste vu l’année dernière. Les documents sont à portée de main (plus de papier égaré donc pas de perte d’éléments importants).

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Qu’est-ce que Mon espace santé ?

Mon espace santé est le nouveau carnet de santé numérique. Ce dernier permet de rassembler et de conserver toutes vos données médicales (résultats d’examens, traitements, allergies…).

Qui a accès aux informations ?

Tout d’abord le patient lui-même, donc vous. C’est important de le souligner… Les professionnels de santé y auront également accès, mais sous condition d’avoir obtenu votre accord au préalable. Attention, il est important de rappeler que toute l’équipe soignante qui travaille avec le médecin aura également accès à vos données. Ils pourront consulter votre espace, mais uniquement dans un intérêt médical. Une consultation excessive peut être passible de poursuites. Sachez qu’en cas d’urgence, tout professionnel de santé est automatiquement autorisé à accéder à votre espace sauf si vous avez mentionné votre opposition dans la rubrique Accès en cas d’urgence.

Qui met quoi dans Mon espace santé ?

Vous pourrez retrouver vos données de remboursement de soins et de pharmacie dans la rubrique Profil médical puis Historique de soins. Les examens tels que radio, IRM, scanner apparaitront dans la rubrique Documents. Mais attention, il faut que le professionnel de santé utilise un logiciel compatible avec Mon espace santé. Pour l’instant, seuls 18 éditeurs de logiciels sont référencés et 86 sont en cours de référencement. Aujourd’hui, c’est à vous de commencer le référencement de vos données dans l’onglet Profil Médical. C’est ici que vous allez saisir vos traitements, vos antécédents, vos allergies, vos vaccinations et même votre poids ou si vous êtes fumeur… L’espace s’enrichira au fur et à mesure de vos différentes consultations (comptes rendus, résultats d’examens, ordonnances, courriers médicaux…).

Mon espace Santé et messagerie sécurisée

Cette nouvelle fonctionnalité permettra la transmission et le partage d’informations médicales entre le patient et son médecin. Mais attention, le patient ne peut que répondre à un message initialement envoyé par le professionnel de santé. Cette messagerie est sécurisée selon des règles strictes définies par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) afin d’éviter tout risques de pertes de données de santé. Cette messagerie est intéressante… On ne le dira jamais assez, mieux vaut éviter d’utiliser pour des informations sensibles, les messageries habituelles (Yahoo, Gmail, WhatsApp…). Cet outil permet d’échanger avec les professionnels de santé en « toute » sécurité.

Et les accès malhonnêtes, qui surveillent ?

Chaque patient a accès à l’historique d’activité de son compte. On y retrouve la liste des documents consultés, ainsi que l’heure et le nom de la personne qui les a examinés. Il vous sera possible de bloquer l’accès de votre espace de santé à un professionnel dans l’onglet Paramètres puis Confidentialité. Vous pouvez également refuser l’accès complet aux documents de votre choix, dans le cas où vous souhaitiez que ce document ne soit accessible à personne.

Création de Mon espace santé

Attention, l’ouverture est automatique ! Un mail vous est envoyé avec un code provisoire, ensuite vous avez six semaines pour opposer à la création. Passé ce délai, sans réponse de votre part, votre espace santé sera automatiquement créé. Vous pouvez d’ores et déjà vous y opposer en cliquant sur ce lien. Il faudra descendre en bas de la page et cliquez sur le bouton M’opposer à Mon espace santé.

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Munissez-vous de votre code provisoire, date de naissance et de votre carte vitale. Vous pouvez aussi téléphoner au 3422.

Vous avez changé d’avis ?

Vous avez créé votre espace, bravo. Mais finalement vous changez d’avis ! Pas de panique, vous pouvez à tout moment supprimer votre compte en vous connectant sur le site. Attention, les données deviendront ensuite inaccessibles. Toutefois, elles seront effacées seulement au bout de 10 ans, sauf si vous pensez à cocher la case suppression définitive.

Des évolutions dans les prochains mois ?

Oui, Mon espace santé devait plus tard être connecté à des plateformes de prise de rendez-vous et de consultation en ligne. Tout cela a pour but d’améliorer considérablement la prise en charge des patients. Les membres du projet ont  l’espoir que Doctolib fasse partie des applications qui seront référencées ultérieurement. Mais chaque plateforme devra respecter scrupuleusement les règles de sécurité de la CNIL.

Et la sécurité dans tout ça, on en parle ?

Parce que j’imagine que nous sommes nombreux à nous poser la question… Les données Mon Espace santé sont stockées en France. Deux opérateurs français ont été choisis. Ces derniers répondent scrupuleusement aux certifications nécessaires pour stocker des données de santé. Cette certification est remise en cause tous les 3 ans, par de nombreux audits. Différents acteurs ont une obligation de sécurité des données : la CNAM (assurance maladie) responsable également du traitement des données et le ministère de la Santé et de la Solidarité qui a les mêmes responsabilités que la CNAM. Sans oublier la CNIL qui a l’obligation de sécurisation, mais aucun accès aux informations. La CNAM, quant à elle, peut fournir des données à l’espace santé, mais ne peut pas les lire.

Finalement, on ne sait pas vraiment comment toutes ces informations sont sécurisées. En plus des attaques dont les serveurs seront la cible, il faudra rester extrêmement vigilant sur les tentatives de phishing. Évidemment, il est impossible de garantir le risque zéro. Néanmoins, afin de limiter tout risque, sachez que tout accès (lecture, ajout de documents) est horodaté et l’identité du professionnel de santé est inscrite. L’historique de vos actions est également enregistré et seuls vous aurez accès à cet historique.

Il est important de souligner que Mon Espace Santé ne remplace pas le dossier médical des professionnels et des établissements de santé. Ces derniers ont l’obligation de garder un dossier. Votre espace sera donc une copie numérique de vos documents médicaux, ce qui peut être un avantage (plus de papier égaré donc pas de perte d’éléments importants).

  1. Bonjour
    Merci pour ce sujet certes assez loin du sujet NAS, quoique, on se sert bien de nos NAS pour y stocker des données sensibles et les partager avec des médecins ou autres via e-mail (non sécurisé).

    Je m’interroge tout de même dans les conditions que ce fait cette démarche , juste en lisant des personnes qui se battent pour nos libertés individuelles :
    https://www.laquadrature.net/2022/03/25/pourquoi-sopposer-a-la-creation-de-mon-espace-sante/
    J’ai quelques questions et réserves qui n’ont pas encore toutes les réponses
    Je pense qu’à terme se sera un super outil mais je me demande comment la Cnil a pu laisser faire alors qu’elle refuse mordicus l’inscription forcer à toutes autres entreprises

  2. Je pense qu’il faudra un certain temps pour que tout les Professionnels de santé soit connectés
    au système . Je connais un médecin de ma ville qui n’est pas encore informatisé . Et si je vais faire mon vaccin anti-grippe chez une infirmière libérale ?
    Aucun doute que les logiciels pro donne un accés direct au système , mais ce qui m’étonne c’est leur nb ( 18 éditeurs de logiciels sont référencés et 86 sont en cours de référencement. !)
    Pour Doctilib il feront tout pour s’inscruster !

    1. Complètement d’accord pour Doctolib… 🙂

      Je pense d’ailleurs qu’il devrait exister une plateforme de RDV « publique » et non commerciale.

  3. Effectivement, il y a beaucoup de doute. Autant, il est indéniable que ce nouvel outil va dans le bon sens… autant la méthode est pour le moins surprenante. On va se glousser du nombre d’ouverture d’espace alors que les utilisateurs (dans la grande majorité) n’auront rien fait.
    J’ai eu un changement de médecin (fin d’activité du précédent), le nouveau n’avait quasiment aucune information ou antécédent alors qu’il reprenait l’activité. C’est donc à la personne/patient de donner toutes les informations importantes (traitement, allergie, examens et leurs résultats, etc.).
    Concernant la sécurité données et leur accès, on peut avoir des doutes. Si je n’ai pas trop d’inquiétude sur la plateforme technique (quoique), c’est plus dans la gestion des accès. Qui va regarder au bout de 5 ans si machin-truc a toujours accès ou pas. Et surtout, j’y vois potentiellement plusieurs dérives. On pense au phishing, mais pas seulement des patients/assurés. Récemment, certains professionnels de santé se sont fait avoir (Amelipro) et on s’est retrouvé à 500 000 dossiers de l’assurance maladie dans la nature.
    Ce genre d’outils pourrait plaire à certains (mutuelle, assureur, banque…). Imaginez qu’un assureur pour un crédit immobilier vous demande l’accès, pas lui directement, mais son médecin-conseil. Si vous refusez, que se passera-t-il ?
    Bon, il ne faut pas tomber dans la parano, mais bon. Ça questionne.

    1. J’ai les même questionnements ou inquiétudes. Les humains qui gèrent tout ça sont imparfait comme tout le monde. Il y aura forcément des erreurs. Et quid des accès du privé (assurances, etc,…)

  4. 100% des informations sur Internet ont été piratés, sont piratées et seront piratées !
    Je crois qu’il existe encore chez les gaulois le secret médical.
    Donc il ne faut pas que mes données sortent du cabinet de mes médecins.
    Même sous la dictature des overdoses de vaccins…
    Et c’est reparti pour 5 ans !
    CQFD.

  5. J’ai refusé pour ma part.

    Non pas que je sois contre le principe mais je n’ai aucune confiance dans le gouvernement pour sécuriser correctement ces données très sensible, surtout avec autant de partenaire privée.

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